Financement d'hôtel : guide complet (dette bancaire, apport, utilisation de SPV, …)

Roundtable
Publié le
October 13, 2026
Dernière modification le
55
mn
Sommaire
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Roundtable est la première infrastructure européenne pour les investissements privés. Elle prend en charge toutes les opérations juridiques et administratives afin que les fondateurs, les investisseurs et les fund managers puissent se concentrer sur l'essentiel.

Le financement d'un hôtel additionne la dette bancaire (qui couvre généralement la majorité de l'opération), l'apport en fonds propres, et des fonds propres levés auprès d'investisseurs.

Ces fonds propres levés auprès d'investisseurs peuvent être regroupés dans un SPV (une société créée pour porter une seule opération) quand l'apport disponible ne couvre pas l'apport exigé.

Composante Ce qu'elle couvre Ordre de grandeur
Financements hors capital (prêt bancaire, crédit-bail, crédit-vendeur, Prêt Hôtellerie en rénovation) La majorité du prix de l'opération Autour de 70 % du prix, en fourchette de pratique
Apport en fonds propres (numéraire, comptes courants, quasi-fonds propres) La part non financée par la banque De l'ordre de 20 à 35 % du prix en région, davantage à Paris
Fonds propres levés auprès d'investisseurs (via un SPV) L'écart entre l'apport exigé et l'apport disponible Le solde du plan : la part que ni la banque ni l'apport ne couvrent

Les cas concrets de financement d'hôtel et leur montage type

Chaque cas renvoie, en dernière colonne, à la section qui le traite en détail.

Cas Intérêt / montage type Le facteur décisif À surveiller Section
Acquisition murs + fonds avec apport insuffisant Levée via SPV qui souscrit à une augmentation de capital de la SAS hôtelière La part à lever face à la dilution acceptable La gouvernance, à écrire avec le cadre réglementaire de la levée en tête Les cas de financement
Travaux, rénovation, repositionnement Entrée d'investisseurs au capital de la SAS existante (augmentation de capital) Autofinancement et Prêt Hôtellerie Bpifrance, ou ouverture du capital La valorisation d'entrée avant travaux Les cas de financement
Rachat d'un associé historique Rachat des titres du sortant par le SPV, plus une éventuelle augmentation de capital Le prix des titres et l'agrément statutaire Le formalisme et les droits de cession des sociétés à prépondérance immobilière Les cas de financement
Cash-out sans vente (refinancement d'equity) Rachat d'une partie des titres existants par le SPV La valorisation retenue pour les titres La cohérence avec les statuts et le pacte en place Les cas de financement
Co-investissement aux côtés d'un opérateur SPV regroupant les co-investisseurs au capital de la société de l'opérateur L'alignement entre opérateur et investisseurs La participation des investisseurs aux décisions opérationnelles Les cas de financement
Syndication du ticket de l'organisateur SPV dédié portant le ticket de l'organisateur aux côtés du tour principal La répartition des droits entre les deux étages Les coûts du second véhicule, et qui les porte Les cas de financement
Transmission familiale avec entrée d'investisseurs Rachat de titres et, le cas échéant, augmentation de capital La part cédée à la famille face à celle ouverte aux tiers L'agrément statutaire et le pacte Les cas de financement
Cédant prêt à différer une partie du prix Crédit-vendeur : paiement échelonné, garanti par hypothèque légale spéciale sur l'immeuble vendu Ce que le cédant accepte de porter, et à quelles garanties L'étalement fiscal éventuel du cédant, à vérifier avec l'avocat La dette bancaire
Financer les murs en devenant propriétaire à terme Crédit-bail immobilier : la société de crédit-bail reste propriétaire pendant le bail Propriété immédiate, ou à la fin du bail selon le contrat La fiscalité de la levée d'option, à vérifier avec l'avocat La dette bancaire
Rénovation d'une PME hôtelière avec appui public Prêt Hôtellerie Bpifrance : 30 à 400 k€, cofinancé 1 pour 1, sans garantie Le périmètre : rénovation, équipement et besoins associés éligibles L'assurance décès exigée sur la tête du dirigeant La dette bancaire
Levée ouverte via une plateforme en ligne Dette privée ou financement participatif via un prestataire agréé (PSFP) Une ressource en dette le plus souvent, en capital selon l'instrument Un régime distinct de la levée privée en SPV Les cas de financement

Que finance-t-on dans un hôtel : les murs, le fonds, ou les deux ?

Les murs (l'immeuble) et le fonds de commerce (l'exploitation) sont deux biens juridiquement distincts, valorisés différemment et financés différemment.

  • Acheter les deux ensemble donne le contrôle total et offre une assiette hypothécaire à la banque.
  • Acheter le fonds seul réduit le ticket, mais installe un bailleur au-dessus de l'exploitation.
  • Acheter les murs seuls, enfin, positionne l'acquéreur en bailleur de l'exploitant : un investissement immobilier adossé à un bail commercial, sans reprendre l'exploitation.

Aide à la décision

Murs, fonds, ou les deux ?

    Pourquoi les murs et le fonds de commerce suivent deux financements distincts

    L'immeuble ne figure jamais dans le fonds de commerce, de sorte que chaque bien a sa propre assiette de financement et sa propre sûreté. C'est ce qui sépare leurs financements.

    Le fonds regroupe les éléments qui portent l'exploitation : l'enseigne et le nom commercial, le droit au bail, la clientèle et l'achalandage, le mobilier commercial, le matériel et l'outillage. C'est l'inventaire que le Code de commerce retient pour l'assiette du nantissement du fonds.

    Cette distinction gouverne le reste. La vente du fonds relève d'un régime dédié du Code de commerce.

    Ses mentions obligatoires ont changé en 2019 avec l'abrogation de l'ancien article L.141-1 (loi n° 2019-744), ce qu'un modèle d'acte antérieur à cette date peut ne pas refléter.

    Le repreneur d'un fonds peut être tenu de certains impôts du cédant, et cela pèse sur la date de libération du prix : à vérifier avec l'avocat fiscaliste.

    Acheteur et vendeur préparent le calendrier du séquestre du prix avec les conseils chargés de la cession.

    Le formalisme de la cession du fonds proprement dite (séquestre du prix, opposition des créanciers, publicité) n'est pas couvert par ce guide.

    Quand les murs et le fonds sont dans deux mains différentes, l'exploitant occupe l'immeuble par un bail commercial soumis au statut protecteur des articles L.145-1 et suivants du Code de commerce.

    Le droit au bail est un élément du fonds (C. com., art. L.142-2 et L.145-1 et s.) : il est transmis avec lui.

    L'acquéreur du fonds seul achète donc un droit d'occuper les murs, jamais l'immeuble.

    Côté sûretés, chaque bien porte la sienne : hypothèque sur les murs, nantissement sur le fonds (le détail est à la section dette, et le rang de chacune en cas de défaut est traité dans la section investisseurs).

    Comment valoriser les murs et le fonds

    La pratique professionnelle valorise les deux biens séparément.

    L'expert évalue le fonds par un multiple d'EBE retraité (excédent brut d'exploitation : ce que l'exploitation dégage avant frais financiers, amortissements et impôt).

    L'expert évalue les murs par capitalisation de la valeur locative : le loyer hôtelier de marché divisé par un taux de capitalisation, le rendement locatif exigé pour ce type d'actif. Si l'immeuble n'est ni loué ni exploité, l'expert retient plutôt le prix du mètre carré, selon l'état et l'emplacement.

    Les multiples et les taux varient fortement selon l'actif, l'emplacement et la qualité d'exploitation : aucun chiffre unique ne fait référence.

    La conséquence pratique vaut dans les deux sens : la qualité de l'immeuble et celle du business demandent deux jugements séparés, et un emplacement qui valorise bien les murs ne garantit pas l'EBE du fonds.

    Quand la même main détient les murs et le fonds, les deux valeurs ne s'additionnent pas sans précaution. L'expert construit le loyer de marché qui fonde la valeur des murs, en part du chiffre d'affaires ou du résultat brut d'exploitation, et il faut le retirer de l'EBE avant d'appliquer le multiple du fonds. L'unité usuelle du secteur reste le prix par chambre.

    Sans ce loyer notionnel, le même flux d'exploitation serait capitalisé deux fois, une fois dans les murs, une fois dans le fonds.

    Ces deux méthodes servent aussi de grille au moment de négocier une levée, chacun tirant dans son sens : le porteur défend la valorisation d'entrée qui limite sa dilution, les investisseurs celle qui protège leur prix d'entrée.

    Dans une opération d'acquisition, le prix effectivement payé fournit le point de référence naturel. Un écart au-dessus demande un élément tangible et démontrable (des travaux créateurs de valeur déjà engagés, un EBE en amélioration documentée), jamais la seule conviction du porteur.

    Pour l'acheteur, l'arbitrage se pose ainsi. Les murs et fonds ensemble conviennent au repreneur qui veut capter la valeur immobilière en plus du rendement d'exploitation et qui peut porter le ticket.

    Le fonds seul convient au repreneur contraint en apport ou concentré sur l'exploitation, en acceptant qu'un loyer pèse durablement sur l'EBE.

    Murs et exploitation dans deux sociétés : l'architecture qui répond à la question SCI

    Entre tout acheter et n'acheter que le fonds, une troisième architecture existe : l'exploitation dans une société commerciale, les murs dans une société dédiée qui les loue à l'exploitant par bail commercial.

    L'exploitation appelle une société commerciale : le statut des baux commerciaux suppose d'ailleurs un fonds appartenant à un commerçant immatriculé au registre du commerce et des sociétés (C. com., art. L.145-1).

    Une SCI trouve donc sa place du côté des murs, comme bailleur, jamais comme exploitant du fonds.

    Cette architecture sert deux profils : le propriétaire qui prépare une transmission séparée des murs et de l'exploitation, et le montage qui veut associer des investisseurs sur l'un des deux biens seulement.

    Elle rappelle surtout que la répartition des biens entre sociétés est un paramètre du montage à part entière : la question murs ou fonds admet plus de deux réponses.

    La dette bancaire : ce que la banque finance et vérifie

    Le prêt bancaire classique couvre couramment autour de 70 % d'une opération fonds ou murs et fonds (fourchette de pratique relevée chez les courtiers), à condition que l'annuité tienne dans 50 à 70 % de l'EBE moyen des derniers exercices.

    Trois outils s'y ajoutent, chacun sur un périmètre précis :

    • le crédit-bail immobilier, pour les murs, le locataire pouvant en devenir propriétaire au terme du bail
    • le crédit-vendeur, la part du prix que le cédant accepte de différer
    • le Prêt Hôtellerie Bpifrance, réservé à la rénovation et à l'équipement.

    Quotités et durées : les fourchettes de pratique

    Le financement bancaire d'un projet hôtelier se situe couramment autour de 70 % du prix, en pratique de marché variable par banque et par dossier.

    Cette quotité porte sur l'opération globale. La quotité propre à la composante murs, celle du prêt hypothécaire senior, n'a pas de fourchette publiée consolidée : chaque banque la fixe dossier par dossier.

    Les durées suivent la nature du bien financé, et la banque découpe la dette d'une acquisition murs et fonds par actif financé, chaque tranche avec sa durée et sa sûreté. Pour le fonds de commerce, la durée courante est de 7 ans, parfois jusqu'à 10 selon le dossier.

    Cette durée sert aussi, chez les conseils spécialisés, de test de soutenabilité du prix : si le prix du fonds ne tient pas dans cette durée de remboursement, l'acheteur paie probablement trop cher.

    Le prêt professionnel global d'une acquisition via holding court plutôt sur 10 à 12 ans, jusqu'à 15 ans pour les meilleurs dossiers. La composante immobilière peut aller jusqu'à 20 ans environ.

    Quand une même structure porte les murs et le fonds, la banque distingue souvent deux tranches aux durées propres, de 7 à 10 ans pour le fonds et de 12 à 15 ans pour les murs, chacune adossée à sa sûreté.

    L'apport exigé est le miroir de ces quotités : ses fourchettes détaillées sont à la section apport.

    Ce que la banque vérifie avant d'accorder le prêt

    La banque instruit le dossier sur :

    • L'apport : son montant et sa composition (voir la section apport).
    • La capacité de remboursement : la pratique courante veut que l'annuité ne dépasse pas 50 à 70 % de l'EBE moyen, souvent calculé sur les trois derniers exercices de la cible. Un second repère, distinct du premier et qui ne s'en déduit pas, est le DSCR (debt service coverage ratio, le flux disponible pour la dette rapporté à l'annuité) : les banques l'exigent généralement à 1,2 au moins, et jusqu'à 1,3-1,4 selon l'établissement. Au-delà de ce test d'octroi, elles imposent couramment le DSCR comme covenant maintenu pendant toute la vie du prêt, dont le non-respect peut déclencher des pénalités ou l'exigibilité anticipée.
    • Les garanties : l'hypothèque sur les murs (l'affectation de l'immeuble en garantie, sans dépossession), le nantissement du fonds de commerce (une assiette limitative qui ne comprend ni les murs ni les marchandises, C. com., art. L.142-2), et la caution personnelle du dirigeant (le contrat par lequel il s'engage à payer la dette de la société si elle défaille). Une garantie Bpifrance peut couvrir une part du prêt en transmission (de l'ordre de la moitié, davantage avec la Région). Elle protège la banque et laisse l'emprunteur exposé, et sert surtout à limiter les garanties personnelles demandées au dirigeant, sans jamais remplacer l'analyse de capacité de remboursement. Cette garantie de transmission est un dispositif distinct du Prêt Hôtellerie Bpifrance, qui est un prêt sans garantie réservé à la rénovation et à l'équipement (détaillé plus bas).
    • Le track record : l'expérience du repreneur dans le secteur pèse directement sur la quotité et les conditions.
    • Le plan de financement complet : la banque prend en général en compte les frais d'acquisition et le BFR de démarrage dans son financement (besoin en fonds de roulement : la trésorerie que l'exploitation courante immobilise). Ce qu'elle ne finance pas revient à l'apport. Les travaux forment un poste distinct à financer en tant que tel.
    • Les pièces du dossier, à vérifier avant le premier rendez-vous : les trois derniers bilans et comptes de résultat, un prévisionnel sur trois ans (cinq si le projet le demande), un plan de financement nommant chaque ressource (apport, dette, crédit-vendeur, aides), un plan de trésorerie mensuel sur douze mois (c'est lui qui révèle le besoin d'une ligne de crédit à court terme pour passer la saison creuse), des statuts et un descriptif du projet à jour.

    Le rang de chaque sûreté en cas de défaut (qui est payé avant qui) est traité dans la section sur ce que les investisseurs regardent.

    Financer via une holding de reprise

    Une holding de reprise sert la dette d'acquisition avec l'argent de la cible : elle s'endette pour acheter les titres de l'exploitation, puis rembourse cet emprunt grâce aux dividendes que la cible fait remonter, l'efficacité fiscale du flux restant à valider avec l'avocat fiscaliste (voir les sujets fiscaux à faire vérifier, section investisseurs).

    Chiffrer le levier fiscal d'une holding de reprise (intégration fiscale, plafond de déduction des charges financières, réintégration en cas de rachat à soi-même) demande l'expert-comptable et l'avocat fiscaliste, dossier en main. Ce guide ne le détaille pas.

    Saisonnalité, cycle et conjoncture : les chiffres datés

    L'hôtellerie française remplit en moyenne 62,3 % de ses chambres sur l'année (France entière, 2025, INSEE) et concentre environ 41 % de ses nuitées sur les quatre mois de mai à août (90,4 millions sur mai-août, 220,2 millions sur l'année).

    Le cash-flow d'un hôtel demande donc deux lectures, en année pleine et en saison creuse.

    Ce ratio est une moyenne nationale, qui agrège l'hôtellerie urbaine ouverte à l'année et les actifs saisonniers : pour un établissement mono-saison de littoral ou de montagne, la concentration réelle est bien supérieure, et la moyenne sert de plancher d'amplitude.

    La saison concentre les nuitées

    Sur les 220,2 millions de nuitées hôtelières de l’année, environ 41 % tombent sur les quatre mois de mai à août.

    Mai à août
    90,4 M · 41 %
    4 mois
    Reste de l’année
    129,8 M · 59 %
    complément (220,2 − 90,4), sur 8 mois

    À lire avec prudence : « moyenne nationale : un établissement mono-saison concentre bien davantage. » Ce partage est un plancher d’amplitude.

    Source : INSEE, données annuelles 2025 (publication du 23 juillet 2026) et Insee Focus 363.

    Voir les données
    Nuitées hôtelières en France, 2025 (en millions)
    PériodeNuitées (M)Part
    Mai à août (4 mois)90,441 %
    Reste de l’année (8 mois)129,859 %
    Année entière220,2100 %

    129,8 M est le complément calculé (220,2 − 90,4). Source : INSEE, données annuelles 2025 (publication du 23 juillet 2026) et Insee Focus 363.

    Indicateur (source, période) Chiffre
    Taux d'occupation moyen, France entière (INSEE, 2025) 62,3 %
    Taux d'occupation par gamme (INSEE, 2024) 49,4 % (non classés), 67,0 % (4 étoiles), 64,0 % (5 étoiles)
    Nuitées hôtelières (INSEE, 2025) 220,2 millions
    Concentration saisonnière (INSEE, 2025) 90,4 millions de nuitées sur mai-août, environ 41 % de l'année
    Choc Covid (INSEE, 2020) nuitées divisées par 2 en métropole par rapport à 2019
    Reprise de la fréquentation (INSEE, 2023-2024) au-dessus du niveau 2019 dès 2023, léger repli en 2024 en restant au-dessus de 2019
    RevPAR (MKG, 2023) environ +15 % sur un an et +25 % par rapport à 2019
    Prix moyens ADR (KPMG, 2023) de +4 % à +12 % selon les segments

    Le RevPAR (revenu hébergement par chambre disponible, qui combine prix et remplissage) et l'ADR (average daily rate, le prix moyen par chambre vendue) mesurent la même reprise sous deux angles. Elle est inégale selon les gammes : en 2023, le RevPAR a progressé d'environ 12 % pour les 1-2 étoiles et de moins de 2 % pour le 5 étoiles supérieur (KPMG, 47e édition publiée en 2024), et les palaces ont vu leur prix moyen monter d'environ 25 % pendant que leur occupation reculait à 52,8 % : un prix élevé n'entraîne pas mécaniquement le remplissage.

    Pour la décision, le plan doit tenir avec l'annuité dans l'EBE d'une année moyenne (le ratio ci-dessus), et la trésorerie doit passer la saison creuse.

    Le test complet ajoute la saison effacée : en 2020, les nuitées hôtelières ont été divisées par deux (le choc Covid du tableau). Un plan qui passe la saison creuse n'a pas encore répondu à ce scénario-là : avec des coûts largement fixes (le personnel pèse autour du quart du chiffre d'affaires), un volume divisé par deux efface la marge, et cette année-là le service de la dette s'est payé sur la trésorerie ou par un moratoire, l'exploitation ne le portait plus.

    Le crédit-bail immobilier : les murs sans propriété immédiate

    Pendant toute la durée du bail, les murs appartiennent au crédit-bailleur : impossible de les hypothéquer pour garantir un autre financement. C'est l'arbitrage réel du crédit-bail immobilier, et l'acheteur le voit rarement au moment de signer. Le mécanisme : une société de crédit-bail achète ou fait construire l'immeuble professionnel, le loue à l'exploitant, et le locataire peut devenir propriétaire au plus tard à la fin du bail, selon ce que prévoit le contrat (levée d'option, promesse de vente ou transfert des constructions). Deux caractéristiques décident du choix : il peut financer jusqu'à la totalité de l'immeuble, là où le prêt hypothécaire exige un apport sur les murs, et son coût total est généralement plus élevé que celui d'un crédit classique.

    Appliqué aux murs d'un hôtel, il convient au repreneur qui n'a pas besoin d'être propriétaire tout de suite : sa trésorerie de départ va aux loyers plutôt qu'à un apport sur les murs, et il peut devenir propriétaire au terme du bail, selon le contrat.

    L'opération est soumise à une publicité dont les modalités sont fixées par décret, et ce sont ces modalités qui conditionnent l'opposabilité des droits du crédit-bailleur aux tiers.

    Pour un crédit-bail portant sur des murs, la voie pertinente est la publicité foncière : à défaut de publication, les droits du crédit-bailleur sur l'immeuble sont inopposables aux tiers dans les conditions prévues par les textes d'application.

    Choisir le crédit-bail, c'est renoncer à l'assiette hypothécaire des murs jusqu'à la levée d'option : ces murs ne peuvent pas garantir un autre prêt tant que le crédit-bailleur en reste propriétaire. Quand une même opération peut passer par le crédit-bail ou par la dette hypothécaire classique, c'est le point à peser entre les deux.

    Le facteur décisif est à la sortie : avant de retenir ce financement, faites vérifier par l'avocat fiscaliste, contrat en main, la fiscalité de la levée d'option.

    Le crédit-vendeur : la part du prix que le cédant porte

    Le crédit-vendeur réduit d'autant la dette bancaire et l'apport à réunir à la signature définitive (le closing) : le cédant accepte un paiement différé ou échelonné d'une partie du prix, convenu entre les parties. Il porte en pratique une fraction du prix (souvent 30 à 50 %) remboursée sur un à trois ans, au taux du marché bancaire, et le cédant demande généralement des garanties (caution, nantissement du fonds). Ses échéances se superposent à l'annuité bancaire dans les premiers exercices, ceux que la banque regarde. C'est un levier de négociation, à actionner en amont plutôt qu'à la table de signature.

    Le cédant n'est pas démuni face au paiement différé. Sur une vente de murs, sa créance de prix est garantie sur l'immeuble vendu par une hypothèque légale spéciale, l'ancien privilège du vendeur d'immeuble depuis la réforme des sûretés de 2021.

    Cette sûreté prend rang à la date de son inscription au service de la publicité foncière, et non plus rétroactivement au jour de la vente comme sous l'ancien privilège : son rang effectif dépend donc de ce qui est déjà inscrit sur l'immeuble.

    L'avocat fiscaliste doit vérifier l'éventuel étalement de l'impôt du cédant avant le choix de ce financement.

    Ce montage convient aux transmissions où le cédant a intérêt à faciliter la vente : il transforme une partie du prix en créance garantie, et desserre le plan de financement du repreneur.

    Le Prêt Hôtellerie Bpifrance : un outil de rénovation, jamais d'acquisition

    Le Prêt Hôtellerie ne finance jamais une acquisition. Sa fiche exclut en toutes lettres l'acquisition de fonds de commerce et de parts sociales. Pour une reprise, il est hors périmètre et le plan de financement doit faire sans lui.

    Le Prêt Hôtellerie (PPRH) finance les programmes de modernisation, mise aux normes, rénovation et équipement des PME de l'hôtellerie et du tourisme social. Sa fiche exclut en toutes lettres l'acquisition de fonds de commerce et de parts sociales : il ne finance pas une reprise.

    Ses conditions, telles que publiées par Bpifrance (offre en ligne en 2026) :

    • montant : de 30 000 € à 400 000 €
    • durée : de 2 à 10 ans
    • cofinancement obligatoire : 1 pour 1 avec un partenaire financier
    • garanties : aucune sûreté sur les actifs ni sur le patrimoine du dirigeant, mais une assurance décès / perte totale et irréversible d'autonomie exigée sur la tête du dirigeant
    • conditions financières : taux fixe selon barème en vigueur, frais de dossier de 0,40 % du montant.

    Il finance aussi l'immatériel (communication, recrutement, formation, mise aux normes) et l'augmentation de BFR générée par le projet, ainsi que les équipements à faible valeur de gage.

    Pour un propriétaire en place qui rénove, le PPRH s'ajoute à un prêt bancaire au moins équivalent (le cofinancement 1 pour 1 conditionne l'accès et ne multiplie rien), sans sûreté sur la part Bpifrance et dans la limite de 400 000 €. La banque partenaire prend ses sûretés habituelles sur la sienne.

    L'apport : ce qui compte et la part restant à financer

    Comptent comme apport le numéraire et, lorsqu'ils sont bloqués pour une durée fixée par convention ou en assemblée, les comptes courants d'associés, que les banques assimilent alors à des quasi-fonds propres.

    La banque attend un apport calibré sur le périmètre acheté (les fourchettes exigées sont juste en dessous), plus les frais et le BFR que la banque ne finance pas (voir la section dette).

    L'écart entre cet apport exigé et l'apport disponible est la part restant à financer, celle que la levée en fonds propres comble.

    Ce qui compte comme apport

    • Le numéraire : les fonds propres apportés au capital de la société d'exploitation ou de la holding de reprise.
    • Les comptes courants d'associés : les fonds que les associés laissent ou avancent à la société. La loi les autorise expressément, par dérogation au monopole bancaire de réception de fonds. Depuis la loi PACTE de 2019, aucun seuil de détention de 5 % du capital n'est plus exigé pour consentir une avance.
    • Les quasi-fonds propres : les instruments intermédiaires entre capital et dette, que la banque assimile aux fonds propres dans le plan de financement.

    Les fourchettes exigées en pratique

    Pour une acquisition murs et fonds, la pratique bancaire observée demande un apport de l'ordre de 20 à 35 % du prix en région, avec des niveaux plus élevés à Paris, couramment cités à 45-50 %.

    Ce sont des fourchettes de courtiers datées 2024-2025, jamais un barème réglementaire.

    Pour un fonds de commerce seul, l'apport usuel se situe autour de 30 à 40 % du financement. Un exploitant confirmé de plusieurs établissements performants peut le voir se réduire à la seule couverture des frais d'acquisition, de l'ordre de 10 %.

    Les postes annexes : frais d'acquisition et BFR

    Au-delà du prix, le plan couvre les frais d'acquisition et le besoin en fonds de roulement de démarrage. La banque les prend en général en compte dans son financement, et ce qu'elle laisse de côté s'ajoute à l'apport.

    Le BFR est la trésorerie que l'exploitation courante immobilise en permanence, avant même que le premier client ne paie, un besoin que le plan de financement intègre dès le départ.

    Les travaux et la rénovation forment un poste distinct, à financer en tant que tel plutôt qu'à noyer dans le prix, avec le cas échéant le Prêt Hôtellerie Bpifrance (voir la section dette).

    Seuls les droits de mutation suivent un barème légal (droits départementaux sur les murs, droits par tranches sur le fonds, taxes additionnelles comprises). Les autres postes dépendent du dossier, et la part que la banque ne reprend pas grossit d'autant les fonds propres à réunir avant même de calculer la part restant à financer.

    La part restant à financer : le calcul qui déclenche la levée

    Prix de l'opération − dette bancaire − apport disponible = fonds propres à lever auprès d'investisseurs

    Cadrage du financement

    Combien lever auprès d'investisseurs ?

    Entrez le prix de l'opération et votre apport. L'outil applique le canevas de la part restant à financer : besoin total, moins la dette bancaire, moins votre apport.

    Prix d'acquisition des murs, du fonds, ou des deux.
    Frais, besoin en fonds de roulement, travaux : la part que la banque ne finance pas. Un seul montant, ajouté au besoin.
    Fonds propres que vous mettez vous-même sur l'opération.
    Prérempli à 70 % : pratique de marché, non un barème
    Part du prix de l'opération financée par la banque. La dette est calculée sur le prix, hors postes annexes.

    Fonds propres à lever auprès d'investisseurs

    0 €

    DécompositionMontant
    Prix de l'opération0 €
    Postes annexes0 €
    Besoin total0 €
    Dette bancaire 70 % du prix0 €
    Apport disponible0 €
    Part à lever0 €

    Les postes annexes que la banque ne finance pas (frais, BFR, travaux) s'ajoutent au prix dans le calcul (voir la section dette). Les montants sont hors taxes. L'avocat fiscaliste doit vérifier le traitement de la TVA sur les travaux et son avance de trésorerie.

    Le résultat de la soustraction est la part restant à financer : ce que le repreneur ne peut pas couvrir seul.

    Tant que le cercle existant (associés en place, proches) peut combler l'écart, les comptes courants et une augmentation de capital entre associés suffisent.

    Au-delà, l'écart appelle des investisseurs extérieurs. Leur entrée organisée est précisément l'objet de la levée en fonds propres via un SPV.

    Compléter l'apport avec des investisseurs : le SPV

    Le montage de référence a deux étages : un SPV financier regroupe les co-investisseurs et entre au capital de la SAS hôtelière, par souscription à une augmentation de capital ou par rachat de titres existants.

    Le montage à deux étages et les deux mécanismes d'entrée

    Le SPV (Special Purpose Vehicle, ou véhicule ad hoc) se place au-dessus de la société d'exploitation : les investisseurs souscrivent au capital du véhicule, et le véhicule détient une participation dans la société hôtelière.

    Dans le montage étudié ici, l'exploitation est logée dans une SAS, dont les associés ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs apports.

    Le montage à deux étages

    Où entre l’argent des investisseurs, et où reste la dette.

    Étage haut

    Investisseurs

    Les co-investisseurs qui mettent leurs fonds en commun.

    Argent des investisseurs : souscription au capital du SPV
    SPV

    Véhicule ad hoc (SPV)

    Regroupe les co-investisseurs et détient une participation au capital de l’étage bas.

    Le SPV entre au capital de la SAS par l’un des deux mécanismes

    Souscription à une augmentation de capital

    Le SPV apporte des fonds à la SAS en échange de titres nouveaux.

    Argent frais à la société

    Rachat de titres existants

    Le SPV achète les titres d’un associé sortant. Le prix va au cédant.

    La société ne reçoit rien

    Étage bas

    SAS hôtelière

    L’exploitation. La dette bancaire reste inscrite à son bilan.

    Dette bancaire

    au bilan de la SAS

    Banque

    Prêteur de l’étage bas, adossée à l’exploitation.

    À retenir : l’investisseur entre au capital de l’étage haut. La dette reste à l’étage bas, au bilan de la SAS. Une augmentation de capital apporte de l’argent frais à la société. Un rachat de titres rémunère seulement le cédant.

    Deux mécanismes font entrer le SPV au capital, et le choix entre les deux découle de la destination de l'argent.

    Le premier, la souscription à une augmentation de capital, apporte de l'argent frais à la société : c'est le mécanisme des opérations qui ont un besoin à financer (acquisition, travaux).

    Dans la SAS, l'augmentation de capital relève d'une décision collective des associés, prise dans les conditions que fixent les statuts, sans majorité légale uniforme (C. com., art. L.227-9).

    Le second, le rachat de titres existants, transfère le prix au cédant : la société ne reçoit rien, c'est l'outil des sorties d'associés et du cash-out.

    Les statuts peuvent soumettre toute cession d'actions à un agrément préalable (C. com., art. L.227-14), et toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle (art. L.227-15).

    Le rachat désigne ici l'achat des titres du cédant par le SPV, jamais le rachat par la SAS de ses propres actions, une opération distincte (réduction de capital) qui n'est pas le montage décrit ici.

    Si la SAS détient les murs, elle est vraisemblablement une société à prépondérance immobilière (SPI) au sens des droits d'enregistrement, une qualification que l'avocat fiscaliste vérifie, dossier en main. Détenir et exploiter le fonds rend par ailleurs la société commerciale par son activité : les deux qualifications coexistent.

    La cession des actions d'une SPI doit, depuis le 27 juin 2026, être constatée par acte authentique, acte contresigné par avocat ou, dans les seuls cas d'habilitation légale, acte rédigé par un expert-comptable (C. civ., art. 1865-1).

    Le texte prévoit, en l'état, une nullité à défaut, condition à vérifier à la date de l'opération.

    La règle est très récente : ce point est à confirmer avec l'avocat.

    Rachat de titres d'une SAS qui détient les murs : deux points à vérifier d'emblée avec l'avocat. Si la SAS est à prépondérance immobilière, la cession des titres doit, depuis le 27 juin 2026, être passée par acte (authentique, contresigné par avocat, ou expert-comptable habilité), sous peine de nullité en l'état du texte. Les droits d'enregistrement et la fiscalité de sortie sont chacun à vérifier avec l'avocat fiscaliste (voir les sujets fiscaux à faire vérifier, section investisseurs).

    Les deux mécanismes se combinent : un rachat d'associé accompagné d'un besoin de trésorerie passe par un rachat de titres plus une augmentation de capital, chacun sur sa part.

    Reste la forme du SPV lui-même, qui fixe la responsabilité des associés. Dans une société civile, les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, chacun à proportion de sa part dans le capital et sans solidarité. Dans une SAS, chaque associé ne supporte les pertes qu'à concurrence de son apport (C. com., art. L.227-1), et dans une SCSp luxembourgeoise les commanditaires n'engagent que leur mise.

    Pourquoi dédier un véhicule par hôtel

    La structuration de référence tend à dédier un SPV par opération, parce que chaque hôtel a sa valorisation, son horizon, sa gouvernance et sa sortie propres.

    Loger deux actifs dans un véhicule commun expose les investisseurs de l'un aux décisions et aux aléas de l'autre.

    Le véhicule mono-actif garde aussi la levée lisible. Les investisseurs savent exactement ce qu'ils financent, et la sortie de l'opération peut clore le véhicule proprement.

    Une gouvernance partagée : les investisseurs participent aux décisions

    Un club deal suppose que les investisseurs participent à l'opérationnel : la gestion ne peut pas rester dans les seules mains de l'exploitant. C'est le modèle de la joint-venture.

    La SAS le permet parce qu'elle laisse les statuts distribuer le pouvoir : la loi n'impose la décision collective des associés que pour un socle limité (capital, fusion, scission, dissolution, transformation, commissaires aux comptes, comptes annuels et bénéfices), et les statuts répartissent tout le reste librement (C. com., art. L.227-9).

    En pratique, les statuts et le pacte font participer les investisseurs à l'ensemble des décisions opérationnelles sur la gestion de l'hôtel et de l'immeuble. Le choix des prestataires ou, quand les murs et l'exploitation sont dans deux sociétés, le type de bail ne doivent pas pouvoir être adoptés par l'exploitant seul. Leur pouvoir va donc bien au-delà d'un veto sur une proposition du président. Les décisions qui engagent la valeur, comme la cession de l'actif ou un nouvel endettement, restent elles aussi aux associés.

    Deux outils affinent l'alignement. Les actions de préférence portent des droits particuliers, économiques ou politiques.

    Le pacte d'actionnaires tient entre associés par l'effet obligatoire des contrats, mais ce qui doit être opposable à tous va dans les statuts, dont la violation en matière de cession est frappée de nullité, là où la violation du pacte donne lieu, en principe, à des dommages-intérêts.

    Une nouvelle levée après le closing demande la même préparation : aucune règle légale générale ne fixe les majorités ni l'agrément d'une augmentation de capital postérieure, la loi renvoyant aux statuts (C. com., art. L.227-9) et en pratique au pacte.

    C'est là que les associés fixent qui peut proposer un nouveau tour, à quelle majorité, et quels droits protègent les premiers entrants contre la dilution.

    Ce partage compte aussi pour la qualification du véhicule, que détaille la section sur le cadre réglementaire de la levée.

    Aligner porteur et investisseurs : la mécanique du partage

    Les statuts et le pacte fixent d'avance le partage de la valeur dans un ordre de distribution (le « waterfall », la cascade) : le retour du capital investi par chacun, puis le rendement préférentiel servi aux investisseurs avant toute surperformance, puis le promote de l'organisateur (aussi appelé carried interest) au-dessus d'un seuil convenu, le « hurdle ».

    Aucun niveau n'est promis d'avance, chaque étage étant négocié opération par opération. La cascade conditionne le versement du promote de l'organisateur, ses autres rémunérations éventuelles figurant dans des clauses distinctes.

    Une contrainte de calendrier s'y ajoute. L'annuité bancaire passe avant toute remontée, si bien que le ratio de la dette (une annuité dans 50 à 70 % de l'EBE) borne ce que la SAS peut distribuer au véhicule, puis aux investisseurs. S'y ajoute la règle comptable : un dividende suppose un bénéfice distribuable (C. com., art. L.232-11), et une société qui vient d'acheter ses murs porte des amortissements et des frais financiers qui peuvent laisser un résultat nul plusieurs exercices, trésorerie ou non. Les investissements de renouvellement, engagés avant toute distribution, réduisent encore ce qui remonte.

    Reprendre la main à terme : la faculté de rachat des titres du SPV

    Le porteur qui veut récupérer la pleine propriété de son hôtel à un horizon donné négocie une faculté de rachat des titres du SPV dès l'entrée, sur une base de prix écrite au pacte (formule convenue ou expertise indépendante). Faute de quoi, il faut renégocier le rachat quand les intérêts divergent déjà.

    Cette faculté est l'une des deux portes de sortie du véhicule, l'autre étant la vente de l'établissement. Une faculté non exercée au terme tombe, sans prolongation automatique : la sortie par défaut écrite au pacte reprend la main, typiquement la mise en vente à l'horizon convenu.

    Coûts et calendrier : les postes à budgéter

    Un montage avec SPV a deux familles de coûts. La structuration juridique couvre les statuts du véhicule, le pacte, la documentation de la levée et les actes de cession le cas échéant. L'administration du véhicule dans la durée couvre le registre des associés, les obligations déclaratives, le reporting aux investisseurs et les opérations sur titres. Le porteur valide le budget complet avant la levée.

    En ordre de grandeur, la première coûte des milliers d'euros et croît avec la complexité du montage : quelques milliers d'euros pour des statuts et un pacte proches des standards, sensiblement plus quand les trois facteurs ci-dessous se cumulent.

    La seconde revient sur toute la vie du véhicule.

    Le calculateur estime en amont le coût d'administration (l'action « Estimer le coût du SPV » de la section « Qui fait quoi »).

    Trois facteurs font grimper la note :

    • le nombre d'investisseurs (chaque souscripteur ajoute des vérifications KYC et des opérations sur titres),
    • les droits sur mesure (actions de préférence, cascade de partage),
    • et le formalisme d'acte (acte exigé sur une cession de titres d'une société à prépondérance immobilière, intervention du notaire si l'achat comprend les murs).

    Estimateur indicatif

    Combien coûte un SPV Roundtable ?

    Estimez le coût de création et d'administration d'un SPV à partir du montant levé et du nombre d'investisseurs. Un SPV par deal, l'administration couvre 7 ans.

    Total souscrit par les co-investisseurs.
    Les 20 premiers sont inclus.

    Coût estimé de création et d'administration

    0 €HT

    Montant hors taxes, facturé au closing du SPV, couvrant 7 ans d'administration.

    Estimation indicative des principaux postes : d'autres options peuvent s'ajouter selon l'opération, le calculateur complet les détaille.

    DécompositionMontant HT
    Création et administration 1 % du montant levé0 €
    Investisseurs au-delà de 20 100 € par investisseur0 €
    Levée hors euros0 €
    Actes notariés0 €
    Total0 €
    Estimation indicative construite sur la grille tarifaire publique. Elle ne vaut pas devis. Calculateur officiel

    Côté calendrier, une opération type tient en quelques mois entre l'accord de principe bancaire et le closing.

    La structuration et la documentation prennent des semaines, et les souscriptions durent ce que met le cercle à signer et à virer : des semaines pour un cercle préconstitué, des mois pour un cercle à construire (le déroulé détaillé est à la section « Qui fait quoi »). La constitution du cercle et la complexité du montage peuvent chacune allonger le calendrier.

    S'y ajoute, au-delà du closing, la vie du véhicule : appels de fonds, distributions, registre des associés, obligations déclaratives et reporting pendant toute la détention. Cette charge récurrente est détaillée à la section « Qui fait quoi » (« La vie du véhicule après le closing »).

    Le cadre réglementaire de la levée : FIA, placement privé

    Deux questions distinctes se posent, à traiter séparément. La première porte sur le véhicule : est-il un FIA (le test ci-dessous) ? La seconde porte sur la levée : est-elle dispensée de prospectus ? Elle l'est tant que l'offre tient dans l'une des exemptions du placement privé, chacune avec sa propre assiette : une offre adressée à moins de 150 personnes non qualifiées par État membre, ou des tickets d'au moins 100 000 € par investisseur.

    Le test FIA appliqué au club deal hôtelier

    Un véhicule est un FIA quand trois conditions cumulatives sont réunies : être un organisme de placement collectif, lever des capitaux auprès d'un certain nombre d'investisseurs, et le faire conformément à une politique d'investissement définie (CMF, art. L.214-24 I, transposant la directive 2011/61/UE), l'analyse portant sur les documents réels du véhicule à la lumière de la position AMF 2013-16.

    Aide à la décision

    Mon SPV est-il un FIA ?

      Le pivot, pour un club deal, est l'absence de pouvoir discrétionnaire des investisseurs sur les opérations courantes : le pouvoir qui écarterait la qualification est un pouvoir direct et continu du groupe sur la gestion courante des actifs, d'une portée substantiellement supérieure au vote ordinaire en assemblée générale.

      Des décisions réservées classiques et une sortie encadrée restent du registre de l'assemblée générale et ne suffisent pas à écarter la qualification.

      Le modèle à retenir pour un club deal hôtelier est donc celui de la joint-venture : les investisseurs participent, avec l'exploitant, à l'ensemble des décisions opérationnelles sur la gestion de l'hôtel et de l'immeuble, bien au-delà d'un veto (voir la gouvernance, section SPV).

      Un cas jugé par l'AMF : le test FIA appliqué à deux club deals hôteliers

      Une décision de sanction rendue par l'AMF en 2025 contre une société de gestion montre le test en fonctionnement réel : l'AMF y analyse clause par clause la gouvernance de deux club deals hôteliers (14 et 7 investisseurs) et les qualifie de FIA, au motif que le pouvoir des investisseurs n'était pas direct.

      La sanction pécuniaire unique de 400 000 € couvre bien plus que ce seul grief (rétrocessions, conflits d'intérêts, valorisation, LCB-FT), mais la leçon utile est la méthode : la qualification est à vérifier avant la levée, gouvernance en main, avec un conseil, puis à surveiller pendant toute la vie du véhicule, car elle dépend à tout moment de la gouvernance réelle.

      Le placement privé : les seuils qui dispensent de prospectus

      Une levée en SPV reste dispensée de prospectus tant qu'elle tient dans l'une des exemptions du règlement Prospectus et du droit français, chacune avec sa propre assiette :

      Exemption Le seuil Décompte / assiette
      Cercle restreint (non qualifiés) Moins de 150 personnes non qualifiées Décompte sur les personnes sollicitées, qu'elles souscrivent ou non, hors investisseurs qualifiés, plafond compté par État membre
      Ticket minimal Au moins 100 000 € par investisseur Par investisseur et par offre distincte, sans plafond de nombre
      Investisseurs qualifiés Aucun décompte ni ticket minimal Offre réservée aux clients professionnels au sens de MiFID II
      Montant total sous plafond national Montant total sous le plafond national sur 12 mois Plafond à re-vérifier à la date de l'opération (voir note)

      Références : cercle restreint, CMF, art. L.411-2 1° et D.411-4, règl. (UE) 2017/1129, art. 1(4)(b). Ticket, art. 1(4)(d). Investisseurs qualifiés, art. 1(4)(a).

      Montant total : le RG AMF, art. 211-2 affiche une dispense sous 8 M€ sur douze mois, à articuler avec le règlement Prospectus révisé qui porte depuis juin 2026 le seuil à 12 M€ avec faculté nationale de l'abaisser à 5 M€.

      Ces exemptions sont alternatives, une seule suffit, et chaque assiette compte séparément : la dispense tombe dès qu'une assiette est franchie sans qu'une autre s'applique (CMF, art. L.411-2, réforme de 2019). Aucun de ces seuils ne préjuge de la qualification de FIA du véhicule, qui relève du test précédent.

      Pour le club deal hôtelier type, un cercle de quelques dizaines d'investisseurs dont beaucoup ne sont pas qualifiés, l'assiette de travail est généralement le cercle restreint (une offre adressée à moins de 150 personnes non qualifiées par État membre, qu'elles souscrivent ou non), le ticket d'au moins 100 000 € prenant le relais pour les tours concentrés sur quelques souscripteurs.

      Le SPV ne prête pas : la dette reste à la banque

      L'argent des investisseurs entre au capital du montage, et la dette bancaire reste au bilan de la société hôtelière.

      Le monopole bancaire interdit à toute personne autre qu'un établissement de crédit ou une société de financement d'effectuer des opérations de crédit à titre habituel : un SPV qui prêterait habituellement tomberait sous cette interdiction.

      Des exceptions existent, dont la trésorerie intragroupe, qui suppose un lien de capital conférant un contrôle effectif, mais elles ne font pas du véhicule un prêteur.

      En pratique, la dette senior reste chez l'exploitant emprunteur, face à la banque, et le véhicule porte des fonds propres.

      Les cas de financement hôtelier : quel montage pour quelle situation

      Deux questions trient chaque situation ci-dessous : où va l'argent (dans la société, ou vers un associé qui sort), et ce que le cercle existant peut porter face au montant restant à financer.

      Une fois le cas identifié, l'ordre habituel place l'opérateur ou un conseil en financement en premier pour chiffrer le plan, puis l'avocat pour le montage (détail à la section « Qui fait quoi, dans quel ordre »).

      Acquisition murs et fonds avec apport insuffisant

      Le dossier bancaire tient, mais l'apport exigé dépasse l'apport disponible (le canevas de la section apport).

      • Le plan type : la dette bancaire couvre le gros du prix et l'apport disponible en couvre une part (voir les sections dette et apport). Des fonds propres levés comblent l'apport manquant, via un SPV qui souscrit à une augmentation de capital de la SAS hôtelière (le premier mécanisme du montage SPV, l'opération ayant besoin d'argent frais pour boucler l'acquisition).
      • Le facteur décisif : le montant à lever face à la dilution acceptable. Lever plus que nécessaire dilue l'exploitant au-delà du besoin, lever trop juste laisse le closing fragile.
      • À surveiller : la gouvernance, où les investisseurs participent aux décisions opérationnelles (voir la section SPV, et le test de FIA au cadre réglementaire).

      Travaux, rénovation, repositionnement pour un propriétaire en place

      L'hôtel est détenu, et le programme de travaux dépasse ce que l'autofinancement couvre.

      • Le plan type : autofinancement, prêt bancaire et Prêt Hôtellerie Bpifrance financent d'abord le programme, le PPRH exigeant un prêt bancaire au moins équivalent (voir la section dette). Quand ce bloc ne suffit pas, la SAS existante ouvre son capital pour le solde, par augmentation de capital, les nouveaux associés prenant part aux décisions opérationnelles (voir la section SPV).
      • Le facteur décisif : l'ordre d'examen des ressources. Autofinancement, prêt bancaire et Prêt Hôtellerie d'abord (voir la section dette), l'ouverture du capital quand ce bloc ne suffit pas.
      • À surveiller : la valorisation d'entrée avant travaux. Les investisseurs entrent sur la valeur actuelle, et cette valorisation fixe le partage de la création de valeur du programme.

      Racheter un associé qui sort

      Un associé veut sortir, ou le tour de table doit changer sans vendre l'hôtel.

      • Le plan type : un SPV réunit les capitaux qui rachètent les titres du sortant (le second mécanisme du montage SPV), sans céder l'actif, complété d'une augmentation de capital si la société a aussi besoin d'argent frais.
      • Le facteur décisif : le prix des titres et l'agrément statutaire, la cession violant les clauses statutaires étant nulle (voir la section SPV).
      • À surveiller : si la SAS est à prépondérance immobilière, la cession des titres passe par un acte (voir la section SPV), et sa fiscalité est une question pour l'avocat fiscaliste.

      Créer le véhicule de votre opération

      Roundtable crée et administre le SPV qui porte votre opération, qu'il souscrive à une augmentation de capital ou qu'il rachète les titres d'un associé sortant. Dans ce second cas, l'argent des investisseurs finance la sortie de l'associé, la société ne reçoit rien. La structuration juridique de l'opération reste avec votre avocat et votre expert-comptable.

      Parler de votre opération

      Refinancement d'equity : le cash-out sans vente

      L'hôtelier a créé de la valeur et veut en extraire une partie sans vendre l'établissement.

      • Le plan type : des investisseurs entrent en rachetant une partie des titres existants via un SPV (second mécanisme du montage SPV), ce qui transforme la valeur immobilisée en liquidités pour l'associé en place. Le prix va au cédant : c'est une opération patrimoniale de l'associé, la société ne reçoit rien.
      • Le facteur décisif : la valorisation retenue pour les titres, qui fixe l'échange entre liquidité extraite et part cédée.
      • À surveiller : la cohérence avec les statuts et le pacte en place (agrément, préemption), le formalisme d'acte d'une société à prépondérance immobilière le cas échéant (voir la section SPV), et, si le rachat passe par une holding contrôlée par le cédant, la fiscalité propre au rachat à soi-même, à faire vérifier par l'avocat fiscaliste (voir les sujets fiscaux à faire vérifier, section investisseurs).

      Co-investissement aux côtés d'un opérateur

      Plusieurs investisseurs veulent entrer sur une opération menée par un exploitant, et prendre part à ses décisions.

      • Le plan type : les co-investisseurs se regroupent en une seule ligne au capital de la société de l'opérateur, via un SPV, avec une gouvernance unique, partagée avec lui, par souscription ou par rachat selon que l'opération a besoin d'argent frais ou de liquidité (voir la section SPV).
      • Le facteur décisif : l'alignement entre opérateur et investisseurs, outillé par les actions de préférence et le pacte (voir la section SPV).
      • À surveiller : la place des investisseurs dans les décisions opérationnelles, bien au-delà d'un veto (voir la section SPV, et le test de FIA au cadre réglementaire).

      Syndication du ticket de l'organisateur

      L'organisateur du tour porte un ticket plus gros que ce qu'il veut ou peut immobiliser seul.

      • Le plan type : le ticket de l'organisateur est réparti entre plusieurs investisseurs, aux côtés du tour principal, via un SPV dédié qui souscrit sa part, distinct du véhicule principal (un actif, un véhicule, voir la section SPV).
      • Le facteur décisif : la répartition des droits entre les deux étages, ce que les investisseurs du SPV obtiennent et ce que l'organisateur garde.
      • Les deux étages en pratique : le SPV de syndication souscrit au tour principal comme un investisseur unique, et ses souscripteurs n'ont de droits que dans ce SPV. La remontée du promote de l'organisateur et la part qu'il conserve sont donc dans les statuts et le pacte de ce seul véhicule.
      • À surveiller : qui paie le second véhicule. Le SPV de syndication a ses propres coûts de structuration et d'administration, imputés au véhicule ou portés par l'organisateur. Sa documentation le dit, et c'est à clarifier avant de souscrire.

      Transmission familiale avec entrée d'investisseurs

      L'hôtel se transmet dans la famille, et une partie de la valeur doit être rachetée ou refinancée.

      • Le plan type : un crédit-vendeur du cédant familial peut d'abord desserrer le plan (voir la section dette). La famille ouvre ensuite à des tiers la part qu'elle ne peut pas porter, sans vendre l'établissement à l'extérieur, par rachat de titres et, le cas échéant, augmentation de capital, les statuts et le pacte fixant la répartition famille/tiers (voir la section SPV).
      • Le facteur décisif : la part conservée par la famille face à celle ouverte aux tiers, qui dimensionne à la fois le rachat à financer et ce que le pacte doit protéger de chaque côté.
      • À surveiller : l'agrément statutaire et le pacte (voir la section SPV).

      Franchise, enseigne

      Le passage sous enseigne ne remplace aucun des cas ci-dessus : il modifie le dossier bancaire qui les porte, avec un prévisionnel adossé aux standards du réseau et des redevances qui pèsent sur l'EBE prévisionnel.

      Les mécanismes de financement propres aux réseaux de franchise ne sont pas couverts ici.

      Sale & leaseback : vendre les murs, garder l'exploitation

      Le sale & leaseback libère les fonds propres immobilisés dans les murs sans céder le fonds : l'exploitant vend l'immeuble et en devient locataire.

      • Le facteur décisif : le prix des murs face au loyer accepté. L'architecture qui en résulte est celle de la section murs / fonds : un bailleur au-dessus de l'exploitation, un loyer qui pèse durablement sur l'EBE.
      • À surveiller : les conditions de marché et la fiscalité de l'opération, qui ne sont pas couvertes ici.

      Dette privée et crowdfunding : les autres sources de financement

      Au-delà de la banque et de la levée en fonds propres, d'autres sources existent : la dette privée au sens large (fonds de dette, obligations souscrites par des investisseurs) et le crowdfunding immobilier, qui lève en ligne auprès du public via une plateforme agréée, un régime distinct de la levée privée en SPV. En pratique, la collecte immobilière y passe très majoritairement par des obligations, donc par de la dette (baromètre du crowdfunding en France 2023, Mazars x Financement Participatif France, tendance confirmée par l'édition 2025) : sous forme obligataire, la forme dominante, ce financement apporte de la dette, à articuler avec la banque et les fonds propres du SPV.

      • Le plan type : la dette privée vient de fonds ou d'investisseurs, le plus souvent en obligations, et le crowdfunding immobilier passe par une plateforme agréée ouverte au public.
      • Le facteur décisif : ces sources jouent à l'étage de la dette et complètent les fonds propres exigés par la banque sans s'y substituer.
      • À surveiller : passer par une plateforme agréée n'exonère d'aucun des autres corps de règles (prospectus, FIA, monopole des services d'investissement).

      Les cas qui n'appellent pas de véhicule, ou qui sortent de ce guide

      Le SPV n'apporte rien quand une seule des deux conditions suivantes manque. Sans pluralité d'investisseurs, le véhicule est superflu.

      Un investisseur unique entre directement au capital avec un pacte bilatéral, une holding familiale ou un cercle proche déjà aligné passe par des comptes courants et une augmentation de capital entre associés (voir la section apport), et un besoin couvert par la dette seule ne demande aucune ouverture du capital (voir la section dette).

      Le montant à lever commande de même. Une part que couvre un seul ticket n'a pas besoin de véhicule (co-investisseur direct, crédit-vendeur, comptes courants), les coûts du montage SPV étant disproportionnés face à un pacte bilatéral.

      La structuration devient proportionnée quand la part à lever exige de réunir plusieurs investisseurs, typiquement en centaines de milliers d'euros comme dans l'exemple chiffré.

      La fiscalité de la transmission familiale n'est pas traitée dans ce guide.

      Sortent par ailleurs du périmètre, parce qu'ils relèvent d'autres logiques que le financement d'une exploitation hôtelière existante (possibles, mais hors du sujet de ce guide) :

      • Aides publiques et régionales : le dispositif national sourcé dans ce guide est le Prêt Hôtellerie Bpifrance, réservé à la rénovation et à l'équipement (voir la section dette). Chaque région instruit ses dispositifs, programme par programme.
      • Création d'un hôtel ex nihilo : la construction d'un établissement neuf relève de la promotion immobilière, un autre métier et d'autres financements.
      • Achat-revente rapide : la logique de marchand de biens relève du négoce immobilier et de son régime propre, un autre sujet que le financement d'une exploitation.
      • Dette portée par le véhicule : le SPV ne prête pas, le monopole bancaire s'y oppose (cadre réglementaire).
      • Mandat de gestion individuel : gérer le portefeuille d'un client sous mandat est un service d'investissement réglementé, distinct du véhicule collectif de ce guide, dont la qualification relève du test FIA (cadre réglementaire).

      Exemple chiffré : boucler l'achat d'un hôtel d'environ 40 chambres à 4,5 M€

      Pour un hôtel indépendant d'environ 40 chambres acheté 4,5 M€ murs et fonds, le bouclage type combine 3,15 M€ de dette bancaire, 800 k€ d'apport et 1,05 M€ levés via un SPV auprès d'une douzaine d'investisseurs.

      L'exemple est entièrement illustratif : il assemble les fourchettes de pratique des sections précédentes et ne décrit aucun cas réel.

      Hypothèses posées pour l'exemple : un 4 étoiles de province, des murs à 3,5 M€ et un fonds à 1 M€, et pour le calcul une dette globale simplifiée sur douze ans à 4 %, à confronter aux tranches réellement accordées. Les repères d'exploitation viennent de l'étude annuelle de l'industrie hôtelière française (KPMG, 47e édition publiée en 2024, données 2023).

      Du prix à la part restant à financer

      La dette bancaire représente 70 % du prix, soit 3,15 M€. Sur douze ans à 4 %, avec une échéance annuelle constante, l'annuité atteint environ 336 k€. Appliqué à 40 chambres ouvertes toute l'année, le repère provincial 4 étoiles de l'étude KPMG (47e édition, données 2023) donne un résultat brut d'exploitation (GOP) d'environ 653 k€ : l'annuité en absorbe 51 %. Ce calcul ne suffit pas à la banque : elle raisonne sur l'EBE retraité de la cible, qui devrait dépasser 480 k€ pour rester sous le plafond de 70 %, et sur le flux disponible après impôt et investissements de maintien, environ 403 k€ pour un DSCR de 1,2. Le repère provincial 3 étoiles donnerait un GOP d'environ 321 k€, déjà inférieur à l'annuité.

      Le solde en fonds propres est de 1,35 M€, soit 30 % du prix, dans les fourchettes d'apport (voir la section apport).

      S'y ajoutent les postes annexes, posés à 500 k€ pour l'exemple et laissés aux fonds propres par prudence : quand la banque les intègre à son financement, comme c'est fréquent, la part à lever baisse d'autant. Les droits de mutation en représentent environ 265 k€ pour l'achat de murs anciens hors TVA immobilière et du fonds, dans un département appliquant 5 % aux murs (taxe communale et frais d'assiette compris, barème par tranches sur le fonds) : un montant à confirmer avec le notaire et l'avocat fiscaliste. Le reste couvre les frais d'acte et de conseils, la commission bancaire, l'inscription de l'hypothèque et le BFR de démarrage (voir la section dette).

      Le besoin total en fonds propres atteint 1,85 M€.

      L'exploitant et son cercle réunissent 800 k€. Le canevas de la section apport donne la part restant à financer : 5,0 M€ d'emplois − 3,15 M€ de dette − 0,8 M€ d'apport disponible = 1,05 M€ à lever auprès d'investisseurs. Les frais du SPV restent à répartir et à financer.

      La levée et le financement final

      Un SPV réunit, dans l'exemple, une douzaine d'investisseurs autour de l'opération, par souscription à une augmentation de capital de la SAS hôtelière (voir la section SPV), soit un ticket moyen illustratif de l'ordre de 90 k€.

      L'offre a été adressée à un cercle de quelques dizaines de personnes non qualifiées, loin du plafond de 150 personnes sollicitées par État membre : la levée demeure dispensée de prospectus (cadre réglementaire). Le décompte porte sur toutes les personnes à qui l'offre est adressée, souscripteurs ou non.

      Avec dix souscripteurs au plus et au moins 100 000 € chacun, cette levée de 1,05 M€ pourrait relever de l'exemption par ticket, sans décompte.

      Le test de FIA, lui, reste à faire quoi qu'il en soit, et il faut écrire la gouvernance de ce SPV en le sachant (cadre réglementaire).

      Ressource Montant illustratif
      Dette bancaire (autour de 70 % du prix) 3,15 M€
      Apport de l'exploitant et de son cercle 0,80 M€
      Fonds propres levés via le SPV 1,05 M€
      Total des emplois (prix 4,5 M€ + postes annexes 0,5 M€) 5,0 M€

      Ce que la dilution signifie pour l'exploitant

      Le véhicule des investisseurs apporte un peu plus de la moitié des fonds propres réunis dans cet exemple : l'exploitant et son cercle mettent 800 k€ des 1,85 M€ de fonds propres, les investisseurs du SPV les 1,05 M€ restants.

      La part au capital de la SAS hôtelière qui en découle dépend de la valorisation d'entrée retenue pour la levée.

      Si l'exploitant et le SPV souscrivent des actions identiques au même prix, le SPV reçoit 56,8 % du capital : c'est la référence naturelle d'une acquisition menée dans une société créée pour l'opération, et la plus conservatrice pour l'exploitant. Le pourcentage vient de la répartition des souscriptions au capital, les 4,5 M€ étant le prix des actifs achetés.

      Une valorisation d'entrée supérieure, à justifier par un élément tangible face aux investisseurs, réduirait mécaniquement la part cédée pour les mêmes 1,05 M€ (la grille de négociation est à la section murs / fonds).

      Céder cette part a un contenu concret. Avec des droits identiques, le véhicule détient 56,8 % du capital, le partage effectif des gains dépend aussi des droits préférentiels et du promote convenus, et l'exploitant partage les décisions opérationnelles avec le véhicule (voir la section SPV).

      En face, l'opération existe, ce que 1,05 M€ manquants interdisaient.

      La reprise de la main, comme la sortie, demande une préparation à l'entrée : le porteur négocie une faculté de rachat des titres du SPV à un horizon convenu, un levier du porteur autant qu'une exigence des investisseurs, et il prévoit comment financer ce rachat. La base de prix et le scénario de non-exercice sont à la section SPV.

      Gouvernance et sortie de cet exemple

      La gouvernance suit le modèle décrit à la section SPV : l'exploitant et le SPV prennent ensemble les décisions opérationnelles, du choix des prestataires au type de bail.

      La préparation de la sortie commence à l'entrée : le pacte fixe l'horizon et le mécanisme (vente de l'établissement, rachat des titres du SPV).

      Chiffrer le coût du véhicule

      Le calculateur Roundtable estime le coût de création et d'administration d'un SPV à partir du montant levé et du nombre d'investisseurs de votre tour. Vous obtenez un ordre de grandeur avant même d'engager la structuration.

      Estimer le coût du SPV

      Ce que les investisseurs regarderont avant d'entrer

      L'investisseur d'un club deal hôtelier entre en capital, derrière la banque et tous les créanciers, sur un actif saisonnier et cyclique (les chiffres datés sont à la section dette).

      La décision repose donc sur la qualité du projet et son rendement attendu, sur l'exploitation, la gouvernance, la liquidité et l'horizon de sortie, autant que sur la valeur des murs.

      Capital ou dette : le rang en cas de défaut

      L'investisseur du SPV détient du capital, la position qui absorbe les pertes en premier et passe en dernier. Ce rang est le prix de l'exposition à la création de valeur, et l'organisateur le dit franchement avant la souscription.

      En liquidation judiciaire, l'ordre légal de répartition place les créances garanties par des sûretés immobilières (l'hypothèque sur les murs) au 7e rang, les créances garanties par un nantissement (dont celui du fonds de commerce) au 14e, et les créances chirographaires au 16e et dernier rang (C. com., art. L.643-8).

      L’ordre de paiement en cas de défaut

      Où se situe le capital de l’investisseur. Rangs dans l’ordre légal des créanciers.

      Hypothèque sur les murs

      Créancier garanti sur l’immeuble. Le mieux protégé du montage.

      7erang

      Nantissement du fonds de commerce

      Garantie prise sur l’exploitation. Servie après l’hypothèque.

      14erang

      Créances chirographaires

      Créanciers sans garantie. Derniers des créanciers à être servis.

      16eet dernier rang
      puis, après tous les créanciers

      Les associés (le capital)

      Pas des créanciers. Ils ne partagent que les capitaux propres subsistant après remboursement du nominal, s’il en subsiste.

      Capitaux propres subsistants

      Le capital absorbe les pertes en premier, et se paie en dernier.

      Créanciers, du plus au moins garanti Capital de l’investisseur

      Lecture : les numéros sont le rang dans l’ordre légal des créanciers : d’autres privilèges (frais de justice, salariés) se situent avant le 7e. Le capital de l’investisseur vient après l’ensemble des créanciers.

      La banque des murs et celle du fonds n'ont donc ni le même gage ni le même rang.

      Les associés ne sont pas des créanciers. Ils se partagent uniquement les capitaux propres qui subsistent après remboursement du nominal, quand il en subsiste.

      À quoi l'investisseur est exposé : murs, fonds, ou les deux

      Un SPV entré au capital d'une société qui détient les murs et le fonds expose l'investisseur aux deux performances, à juger séparément (voir la section murs / fonds).

      Si la société ne détient que le fonds, un loyer pèse durablement sur l'EBE et l'investisseur n'a aucune exposition à l'immeuble.

      Le reporting : à négocier à l'entrée, à produire pendant des années

      Le porteur et les investisseurs négocient le reporting à l'entrée et l'écrivent dans le pacte : la liste des indicateurs, les comptes annuels, et la fréquence, trimestrielle en rythme de croisière, resserrée si l'exploitation se tend.

      Trois indicateurs suivent l'exploitation, l'ADR, le RevPAR et le GOP (gross operating profit, la marge d'exploitation hôtelière).

      Le GOP n'est pas l'EBE : il est calculé avant le loyer, les taxes et les assurances de l'immeuble que l'EBE absorbe déjà, quand c'est sur l'EBE que la banque cale l'annuité (voir la section dette).

      Sortir avant le terme : l'illiquidité du club deal

      Les titres d'un club deal ne se revendent pas au fil de l'eau : il n'existe pas de marché secondaire organisé, et l'illiquidité est le prix payé pour l'exposition directe à l'opération. L'horizon de sortie du véhicule (vente de l'établissement, rachat des titres) est donc, par défaut, l'horizon de l'investisseur. Une revente en cours de vie reste néanmoins possible : trouver un acquéreur et obtenir, si les statuts ou le pacte en prévoient un, l'agrément requis (souvent un vote des associés).

      Une sortie individuelle avant ce terme dépend de ce que les documents ont prévu : l'agrément statutaire sur les cessions, les clauses du pacte (préemption, promesses de rachat), et l'existence d'un acquéreur à trouver soi-même.

      L'exemple chiffré donne l'ordre de grandeur des tickets : une levée de 1,05 M€ répartie sur une douzaine d'investisseurs met le ticket moyen vers 90 k€, un montant à considérer comme immobilisé jusqu'à la sortie.

      Les cinq points à trancher avant d'entrer

      Une fois le projet jugé sur ses mérites, rendement attendu et qualité de l'actif en tête, cinq questions résument ce qu'un souscripteur vérifie et ce qu'un porteur a intérêt à documenter d'avance :

      • la qualification de FIA du véhicule, selon le test cumulatif du cadre réglementaire
      • le rang du capital dans l'ordre des paiements, derrière l'hypothèque et tous les créanciers (ci-dessus)
      • le reporting prévu au pacte, s'il y en a un : indicateurs et fréquence nommés d'avance
      • la porte de sortie et son horizon, mécanisme daté et valorisation convenue d'avance
      • l'alignement de l'organisateur, jugé sur des faits : investit-il au même prix, comment est-il rémunéré (un promote payé à la sortie aligne mieux qu'une commission au closing), et qui tranche un conflit d'intérêts.

      Le porteur qui apporte ces réponses par écrit gagne du temps face aux investisseurs.

      Les sujets fiscaux à faire vérifier avant de financer

      Ce guide ne traite pas la fiscalité de l'opération. Les sujets suivants sont à vérifier avec l'avocat fiscaliste et l'expert-comptable, dossier en main, avant tout engagement :

      • L'imposition des distributions et de la plus-value de sortie de l'investisseur personne physique.
      • La fiscalité des dividendes entre la société hôtelière et le SPV, notamment le régime mère-fille.
      • La fiscalité de la holding de reprise : intégration fiscale, déduction des charges financières et amendement Charasse.
      • La fiscalité de la levée d'option du crédit-bail immobilier.
      • L'éventuel étalement de l'impôt du cédant dans un crédit-vendeur.
      • La prépondérance immobilière et ses définitions, pour les droits de cession et l'imposition des plus-values.
      • L'imposition de la sortie au niveau du véhicule, dont le sort des amortissements des murs et l'écart entre plus-value fiscale et plus-value économique.
      • La taxe annuelle de 3 % sur la valeur des immeubles détenus en France et les obligations déclaratives de chaque entité de la chaîne de détention.
      • Le traitement de la TVA sur les travaux et ses conséquences pour le plan de trésorerie.
      • La solidarité fiscale du repreneur d'un fonds de commerce et le calendrier de libération du prix.

      Qui fait quoi, dans quel ordre

      L'ordre efficace : la banque cadre la dette, l'opérateur ou un conseil en financement chiffre le plan, l'avocat structure le véhicule et le pacte, le notaire intervient si l'achat comprend les murs, et la plateforme d'administration crée puis administre le SPV.

      Le dossier avance vite quand le cercle d'investisseurs est préconstitué, la capacité de dette connue et les documents prêts.

      Le rôle de chaque intervenant

      • La banque cadre la dette : quotité, durée, garanties et capacité de remboursement (voir la section dette). Son accord de principe estime le solde restant à financer, à confirmer avec le financement définitif.
      • L'opérateur ou un conseil en financement chiffre le plan : EBE retraité de la cible, prévisionnel, plan de financement complet avec frais et BFR (voir la section dette).
      • L'avocat structure : statuts du SPV, pacte entre ses associés, pacte entre les actionnaires de la société hôtelière, documentation de la levée et gouvernance. C'est lui qui fait tenir les deux étages ensemble. Négociés tard, ces documents retardent l'entrée du SPV au capital, parfois au-delà du closing prévu.
      • Le notaire intervient quand l'achat comprend les murs (acte authentique, publicité foncière) et, le cas échéant, pour l'acte exigé sur la cession de titres d'une société à prépondérance immobilière (voir la section SPV).
      • Une plateforme d'administration, quand le montage en retient une, crée le véhicule et l'administre dans la durée : registre des associés, traitement des souscriptions décidées par les investisseurs (bulletins, signatures, réception des fonds), obligations déclaratives, reporting aux investisseurs. Elle ne remplace ni l'avocat qui structure, ni un gestionnaire qui déciderait à la place des associés.

      La vie du véhicule après le closing : la charge à ne pas sous-estimer

      Un véhicule vivant travaille pendant des années : appels de fonds, distributions, registre des associés et cap table, obligations déclaratives et reporting, à tenir à chaque mouvement et pour chaque associé.

      Multipliée par une douzaine de souscripteurs et par la durée de détention, cette charge est un travail récurrent qui commence au closing.

      C'est ce qu'une plateforme d'administration retire au porteur : la décision reste aux associés, l'outillage passe à la plateforme.

      Comment Roundtable peut vous aider

      Roundtable est une infrastructure de création et d'administration de véhicules d'investissement. L'équipe crée le SPV qui porte votre opération et en tient la charge administrative récurrente : registre des associés et cap table, onboarding investisseur avec contrôles KYC/AML, signatures électroniques, réconciliation des paiements, un outil de reporting aux investisseurs (Roundtable transmet les informations que vous fournissez, elle ne produit pas le reporting de gestion) et transactions secondaires. Un véhicule est dédié à chaque opération.

      Les véhicules montés : société civile (SC) et société par actions simplifiée (SAS) françaises, société en commandite spéciale (SCSp) luxembourgeoise.

      Créer et administrer votre SPV

      Estimer le coût du SPV

      Le calendrier type d'une opération

      Personne ne peut promettre une durée standard : le rythme réel dépend de la banque, du cercle d'investisseurs et de la complexité du montage (les ordres de grandeur sont aux coûts et calendrier de la section SPV). Le déroulé, lui, est constant :

      1. Cadrage : capacité de dette validée avec la banque, part restant à financer chiffrée (voir les sections dette et apport).
      2. Structuration : forme du véhicule, statuts et gouvernance, pactes entre associés aux deux étages, à préparer dès ce stade, faute de quoi l'entrée du SPV au capital prend du retard.
      3. Préparation de la levée : le cadre réglementaire est vérifié, les documents de souscription sont prêts (cadre réglementaire).
      4. Souscriptions : vérifications KYC, signatures, réception des fonds.
      5. Closing : entrée au capital de la SAS hôtelière, par souscription ou rachat (voir la section SPV).
      6. Vie du véhicule : reporting aux investisseurs, obligations déclaratives, jusqu'à la sortie prévue au pacte.

      Le calendrier type d’une opération

      Du cadrage à la vie du véhicule, en six étapes.

      1

      Cadrage

      Capacité de dette validée, part restant à financer chiffrée.

      2

      Structuration

      Forme, statuts, pacte, gouvernance.

      Chemin critique
      3

      Préparation de la levée

      Documents de souscription, dans une exemption de placement privé.

      Chemin critique
      4

      Souscriptions

      KYC, signatures, réception des fonds.

      5

      Closing

      Entrée au capital de la SAS, souscription ou rachat.

      6

      Vie du véhicule

      Reporting, obligations, jusqu’à la sortie.

      Chemin critique : pour un cercle préconstitué, ce sont les étapes 2 et 3, en ordre de grandeur de quelques semaines. La banque et le notaire l’allongent.

      « Aucune durée standard promise » Ces repères sont des ordres de grandeur, pas un engagement de délai.

      Avec un cercle d'investisseurs déjà constitué, la création et la structuration du véhicule (étapes 2 et 3) demandent quelques semaines (voir la section SPV). Les délais de souscription, de financement bancaire et de signature des actes restent déterminants pour fixer la date du closing.

      La banque et le notaire l'allongent, des documents prêts et une gouvernance tranchée tôt le compressent.

      Ce qui fait gagner un dossier tient à quatre leviers : un cercle d'investisseurs préconstitué, une capacité de dette connue par accord de principe bancaire, des documents prêts (bilans, prévisionnel, statuts, pièces KYC), et une gouvernance tranchée tôt.

      Une équipe qui a déjà monté un véhicule réutilise son socle d'un deal sur l'autre et ne renégocie que ce qui est propre à l'actif : valorisation d'entrée, partage de la valeur, horizon de sortie.

      Ce qu'il faut retenir

      Un financement hôtelier avance par empilement, et l'ordre compte autant que les montants. La dette bancaire fait le gros du plan, et la banque la calibre sur l'EBE, la capacité de l'exploitation à rembourser. L'apport et les dispositifs calent le reste : crédit-vendeur, crédit-bail, Prêt Hôtellerie Bpifrance en rénovation, chacun sur son périmètre.

      Quand une part reste à financer, la levée en fonds propres via un véhicule dédié la comble, au prix d'une dilution et d'une gouvernance partagée avec les investisseurs, dans un cadre réglementaire à vérifier avant de lever et à surveiller ensuite, pendant toute la vie du véhicule.

      L'ordre des démarches suit cette logique : la banque cadre la dette d'abord, le porteur chiffre ensuite la part restant à financer, la structuration du véhicule vient après. Chaque étape ferme une inconnue de la suivante, et sauter l'une expose à monter un véhicule mal dimensionné.

      Reste la sortie, à préparer dès l'entrée. L'horizon de détention, la porte de sortie et la faculté de reprendre la main sur son hôtel sont des clauses à négocier au pacte au moment où l'on ouvre le capital.

      Ce guide est un contenu purement éducatif. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou d'investissement, ni une recommandation personnalisée, et ne remplace pas l'analyse d'un avocat, d'un expert-comptable ou d'un conseil financier au regard de votre situation. Les montants, taux, quotités et délais cités sont des ordres de grandeur ou des fourchettes de pratique, non des barèmes réglementaires, et les règles fiscales et réglementaires évoluent. Roundtable fournit une infrastructure de création et d'administration de véhicules d'investissement. Roundtable n'est ni un cabinet d'avocats, ni un conseil fiscal, ni un conseiller en investissement, et n'exerce pas d'activité de conseil réglementé. Toute décision de financement ou d'investissement doit être validée avec vos conseils au cas par cas.


      FAQ : financement d'un hôtel

      Acheter un hôtel sans couvrir tout l'apport soi-même est possible : la banque exige des fonds propres dans l'opération, pas nécessairement les vôtres seuls.

      Le complément vient d'investisseurs réunis dans un véhicule dédié. Acheter sans aucuns fonds propres, en revanche, n'est pas possible.

      Combien d'apport faut-il pour acheter un hôtel ?

      De l'ordre de 20 à 35 % du prix en région pour des murs et fonds, davantage à Paris.

      Autour de 30 à 40 % pour un fonds de commerce seul (le détail et ce qui compte comme apport sont à la section apport).

      Peut-on acheter un hôtel sans apport ?

      Pas sans fonds propres : le montage décrit ici en exige au niveau de l'opération, plus les frais et le BFR que la banque ne finance pas (voir les sections dette et apport).

      Quand l'apport disponible ne couvre pas l'apport exigé, des investisseurs apportent le complément (voir la section SPV).

      Les investisseurs décident-ils de l'exploitation ?

      Oui. Dans un club deal, les investisseurs participent avec l'exploitant aux décisions opérationnelles, comme le choix des prestataires ou le type de bail, selon les règles écrites dans les statuts et le pacte. Leur pouvoir va bien au-delà d'un veto (voir la section SPV).

      Comment les investisseurs sortent-ils ?

      Le plus souvent par la vente de l'établissement, parfois par le rachat des titres du SPV, selon le mécanisme et l'horizon écrits dans le pacte à l'entrée (voir l'exemple chiffré et les questions de la section investisseurs).

      SPV ou crowdfunding : comment choisir ?

      Le financement participatif via un prestataire agréé (PSFP) convient aux levées publiques standardisées, sous 5 M€ agrégés par porteur de projet sur douze mois (régime européen du financement participatif).

      La levée privée en SPV convient au tour sur mesure d'un cercle restreint (voir le cadre réglementaire).

      Les deux peuvent aussi se combiner plutôt que s'exclure : en pratique, le crowdfunding immobilier finance très majoritairement en obligations, donc en dette, quand la levée privée en SPV apporte des fonds propres (l'instrument et sa source sont au catalogue des cas).

      Une SCI peut-elle porter un hôtel ?

      Une SCI trouve sa place du côté des murs, comme bailleur de l'exploitant.

      L'exploitation elle-même est portée par une société commerciale (l'architecture complète est dans la section murs / fonds).

      Combien coûte un SPV ?

      Deux familles de coûts : à la création, la structuration juridique (statuts, pacte, formalités), qui coûte plusieurs milliers d'euros, puis, chaque année, l'administration du véhicule (registre, obligations déclaratives, reporting), tant que le véhicule vit. Selon le prestataire, ces deux familles sont facturées au fil de l'eau ou en une seule fois au closing, l'administration des premières années incluse.

      Le total dépend du montage : les postes qui font grimper la note sont détaillés aux coûts du montage SPV, et le calculateur « Estimer le coût du SPV » (encadré « Qui fait quoi ») donne le repère chiffré selon les caractéristiques du montage. Le repère Roundtable, publié sur sa page de prix : 1 % du montant levé, minimum 5 000 € HT, en une fois au closing, sept ans d'administration compris, d'autres options s'ajoutant selon l'opération (voir l'estimateur).

      Dans quelle société les investisseurs investissent-ils réellement ?

      Au capital du SPV, qui détient lui-même la participation dans la SAS hôtelière : c'est le montage à deux étages décrit à la section SPV.

      Leurs droits sont donc dans les statuts et le pacte du véhicule.

      Peut-on faire entrer de nouveaux fonds une fois le véhicule clos ?

      Oui, si les statuts et le pacte l'ont prévu : les majorités et l'agrément d'un second tour ne résultent d'aucune règle légale uniforme (voir la section SPV).

      Un véhicule qui ne l'a pas anticipé risque le blocage.

      Le SPV peut-il prêter à la société hôtelière ?

      La structuration prudente l'évite : le monopole bancaire réserve le crédit habituel aux établissements agréés.

      La dette senior reste au bilan de la société hôtelière face à la banque (cadre réglementaire).

      Comment l'opérateur et les investisseurs se partagent-ils la marge et les fonds propres ?

      Dans un ordre écrit d'avance : retour du capital, rendement préférentiel des investisseurs, puis promote de l'organisateur (la mécanique de la cascade est à la section SPV).

      Les repères publics les plus solides viennent du rapport ILPA 2021, fondé sur l'analyse de contrats de fonds réels : un rendement prioritaire servi d'abord aux investisseurs, présent dans la plupart des cascades et calé à 8 % en standard (67 % des fonds de l'échantillon), puis un carried interest de 20 % pour le gérant (la pratique de 71 % des fonds).

      En immobilier non coté, le curseur est un cran plus haut : l'enquête INREV de 2012, la seule publiquement accessible, situait le premier hurdle vers 9 à 10 % de TRI parmi les fonds qui en déclaraient un. Ces repères viennent de fonds gérés par des sociétés de gestion. Dans un club deal hôtelier, l'opérateur apporte l'exploitation elle-même, et la pratique observée lui réserve une part de la plus-value nettement supérieure à celle d'un gérant de fonds, négociée au pacte opération par opération.

      Note : Ces repères sont des points de départ de négociation et non une norme : les parties fixent les niveaux opération par opération, et aucun chiffre général ne peut être promis.

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